L’exposé des motifs du dahir portant création de l’Institution du Médiateur du Royaume, confirme le souci de Sa Majesté le Roi de consacrer la primauté du droit, de faire régner la justice et l’équité et de redresser les torts et les préjudices que les citoyens viendraient à subir en raison de dysfonctionnements dans certaines administrations ou de leur mauvaise application de la loi, suite à des actes d’arbitraire, des excès et des abus de pouvoir commis, éventuellement, par des responsables administratifs.
En vertu de l’article 5 du dahir portant création de l’Institution du Médiateur du Royaume, le Médiateur est chargé d’instruire, soit de sa propre initiative conformément aux modalités fixées dans le Règlement intérieur de l’Institution, soit sur plaintes ou doléances dont il est saisi,  les cas qui porteraient préjudice à des personnes physiques ou morales, marocaines ou étrangères en raison de tout acte de l’Administration, qu’il soit une décision implicite ou explicite, une action ou une activité, considéré contraire à la loi, notamment lorsqu’il est entaché d’excès ou d’abus de pouvoir, ou contraire aux principes de justice et d’équité.
Il faut à ce propos distinguer le Droit de l’Equité et définir le sens de « la primauté du Droit ».
Le Droit vise l’instauration de relations justes entre les personnes, la justice étant l’esprit et la quintessence du droit. Dans ce contexte le droit s’assimile à l’équité, en assurant les droits à ceux qui les méritent. Mais quand le droit s’écarte de la Justice, c'est-à-dire de l’Equité, il devient sans objet. La véritable justice est celle qui permet de faire prévaloir le droit grâce à la loi, et non la perte du droit au nom de cette dernière.
Le Médiateur du Royaume doit donc réparer l’injustice lors de ses démarches de conciliation par une interprétation juste de la loi qui tienne compte lors de son application de la sagacité du texte législatif. D’où la nécessité d’activer le rôle de l’Institution en instaurant les bases de l’Etat de Justice et de Droit par la réalisation du principe de l’Equité.
Cependant, l’application rigoureuse de la Loi peut contrevenir au principe de l’Equité. C’est pour cela que l’intervention de l’institution du Médiateur du Royaume doit faire en sorte que le citoyen soit prémuni contre tout agissement ou acte administratif, contraire à ce principe, en dépit de la contestation suscitée par l’atteinte portée au principe de la légitimité.
Le principe de l’Equité trouvant sa source dans «l’Etat de Droit», la réalisation de l’Equité doit donc être l’aboutissement de l’examen des plaintes et des doléances.